Atelier d'écriture

L’atelier d’écriture est l’occasion de jouer avec les mots, de faire entendre sa voix, d’écouter celle des autres, de se découvrir. C’est avant tout une expérience ludique, le plaisir de réaliser quelque chose et de le partager. À chaque séance l’animatrice propose de nouvelles consignes, qui servent de point de départ à l’écriture. Cette règle du jeu, par son aspect contraignant, permet de libérer l’imagination. On n’est plus devant une inquiétante page blanche, mais devant une proposition d’écriture, qu’on pourra à son gré suivre de près ou subvertir discrètement. C’est ce qui fait tout le sel de la lecture des textes : on se rend compte que chaque participant a traité la consigne de façon personnelle, provoquant la surprise, le rire ou l’émotion. Les échanges, qui se font dans un esprit curieux et bienveillant, permettent à chacun de prendre du recul sur son propre texte.

Atelier n°9 (à distance)


Proposition n°1 : Haikus 


Règles du haiku adapté à la langue française:
- 17 syllabes en trois lignes : 5/7/5.
- Le haïku traditionnel porte sur les saisons, la nature, le temps qui passe...
- On peut aussi utiliser la forme du haiku pour écrire un texte décalé, terre-à-terre, humoristique...

Proposition n°2 : Bouts rimés 


On met en commun des paires de rimes.
Chacun écrit un poème avec ces rimes en choisissant la disposition des rimes et le mètre (nombre de pieds par vers).

Proposition n°3 : À partir d’un inducteur


« Dans le noir »

Quelques textes du 9e atelier


Bouts rimés



Un jour j’aurai un château et une piscine,
Songeait Alberto, allongé dans son grenier
Où il vivait au-dessus d’un escalier,
Attendant le succès en fumant des glycines.

Poète et musicien, il combattait l’écueil
De la rim’ capricieuse et des rifs de guitare,
Des méchants éditeurs, cette band’ de bâtards,
Et des producteurs qui rejetaient ses recueils.

Ô destinée cruelle ! J’en ai plein les mollets,
Gémissait Alberto en mangeant du poulet
Sous le regard envieux de son vieil épagneul.

Mais si ça continue, cette vie de marmite,
Je changerai de voie, je me ferai ermite
Et je partirai vivre avec mon chien aïlleul.

Vanessa

À partir d'un inducteur: "Dans le noir"


Les plombs avaient sauté, comme on disait dans l’temps
Le frigo s’était tu, l’ordi perdait espoir,
Et, avec ou sans plombs elle était dans le noir.
Plus d’électricité, un suspense haletant :

Comment se débrouiller dans un monde si sombre,
Comment envisager la vie sans EDF ?
D’un paquet de bougies elle devint la cheffe
Et dans son studio se déplaça comme une ombre.

Un peu d’obscurité l’aidait à réfléchir,
À retrouver en elle ses peines et plaisirs.
Elle en profita pour prendre une décision :

À la lueur de la bougie il parut clair
Qu’elle allait partir, tout quitter en un éclair,
Abandonner d’un coup son mec et son patron.

Vanessa

Atelier n°8 (à distance)


Proposition n°1 : Traductions antonymiques


Dans un énoncé donné, remplacer chaque mot important (substantif, verbe, adjectif, adverbe) par son antonyme.
Exemple : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » (Proust)
→ « Une fois, l’autre fit la grasse matinée. » (Perec)

Citations :
- « Je pense, donc je suis » (Descartes)
- « Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres. » (Sartre)
- « L’éternité c’est long, surtout vers la fin » (W. Allen)
Proverbes :
- Pierre qui roule n’amasse pas mousse.
- Les chiens aboient, la caravane passe.
- On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

Proposition n°2 : Écrire une fable avec morale


Pour l’inspiration, partir de la morale, tirée de proverbes, dictons, sagesse populaire, voire de fables de La Fontaine. On peut utiliser une sentence de l'exercice précédent, ou en choisir une autre.

Proposition n°3 : Scriptoclip


sapin, photo, souris, lumière, rideau

Quelques textes du 8e mercredi

Texte avec morale


Jean-Eudes avait un faible pour les œufs. Il les aimait très frais, sans aucune cuisson ; aussi avait-il pris l’habitude d’en prélever un chaque matin au cul de la poule, comme on dit, pour le gober tout cru. Et comme il n’avait pas de poule, il se servait chez sa voisine Alberta, qu’on surnommait affectueusement la grosse Bertha dans le village.
Alberta avait vingt-cinq poules, mais chaque matin, quand elle faisait le tour du poulailler avec son panier, elle ne ramassait que vingt-quatre œufs. Ce c’est pas rien vingt-quatre œufs, mais enfin ça ne coïncidait pas, et ça lui faisait quand même sept œufs en moins chaque semaine à vendre au marché. À la longue, ça représentait une perte, et la grosse Bertha n’appréciait pas de perdre de l’argent. Elle avait l’esprit un peu lent, mais quand elle eut enfin compris qu’il se passait quelque chose de pas net dans son poulailler, elle décida de redresser la situation. 
Elle se rappelait vaguement un adage à propos d’un œuf et d’un bœuf, selon lequel un voleur se faisait coincer à cause du bœuf, à moins que ce ne soit l’œuf qui attrapait le bœuf, à moins que le voleur ne les mange tous les deux à la fin de l’histoire, elle ne savait plus très bien. Quoi qu’il en soit, il lui fallait un bœuf. Elle alla donc voir sa voisine Mme Fourmi, qui lui expliqua en long et en large la nécessité de faire des économies pour être parée à toute éventualité, ce qui n’avait rien à voir avec la question, mais c’était son sujet de conversation favori. Quand elle eut fini de lui faire la morale, Mme Fourmi accepta enfin de lui prêter son bœuf, en échange de trois matinées de ménage, car elle ne prêtait jamais rien gratuitement. Alberta repartir avec l’animal et le plaça dans le poulailler. Les poules ne furent pas très heureuses de voir cet intrus, mais le bœuf les regarda placidement et s’endormit ; et au bout d’un moment elles l’oublièrent.
Le lendemain matin, Jean-Eudes, en venant voler son œuf quotidien, découvrit un bœuf au milieu du poulailler.
— Tiens, se dit-il, ça tombe bien, je commence à me lasser des œufs, et à force je risque de développer du cholestérol. La grosse Bertha a sans doute laissé ce bœuf à mon intention. Mais quand même, ça me gêne de repartir comme ça sans remercier.
Il attendit donc la venue d’Alberta avec son panier.
— Ha ha, cria-t-elle, je t'y prends à me voler mes œufs ! C’était donc vrai qu’on attrape les voleurs avec un bœuf.
— Mais non, je suis resté exprès pour vous remercier, autant pour le bœuf que pour les œufs, ils étaient vraiment très bons.
Elle dut lui expliquer qu’il ne pouvait pas repartir avec le bœuf, à cause de Madame Fourmi qui n’était pas prêteuse et encore moins donneuse ; mais ils continuèrent à parler, et de fil en aiguille ils sentirent une complicité se nouer entre eux. Ce fut le début d’une belle aventure, sans grand rapport avec le fait que « qui vole un œuf vole un bœuf », mais un peu quand même.

Vanessa

Scriptoclip


sapin, photo, souris, lumière, rideau

 Ça sent le sapin, dit Julien.
Et tout le monde baissa la tête, car en effet c'était mal parti. Même l'ancêtre, sur la photo en noir et blanc accrochée au mur faisait la gueule. 
 On va bientôt nourrir les souris, dit Loriane.
 Tu veux dire les asticots, répliqua Julien.
Bref, c'était la fin, on n'en reviendrait pas. On allait voir la lumière au bout du tunnel. Et ce serait la fin des haricots. Rideau!

Vanessa

Atelier n°7 (à distance)


Proposition n°1 : Inventaire


« Choses qui distraient dans les moments d’ennui. »
          (Sei Shônagon, Notes de chevet, écrites au Japon au début du XIe siècle)


Proposition n°2 : Un objet se raconte


- Choisir un objet quotidien, anonyme ou appartenant à une personne connue, ou présent sur un tableau, ou dans un conte...
- L’objet se raconte à la première personne.


Proposition n°3 : À partir de quelques éléments imposés


- deux personnes,
- une enveloppe,
- une gare.

Atelier n°6


Proposition n°1 : Baobab 


Écrire un texte saturé en syllabes "si" et "non".


Proposition n°2 : Écrire à partir de 3 phrases


Première phrase :
« Maître Saval, notaire à Vernon, aimait passionnément la musique. »
(Guy de Maupassant, « Une soirée »)
Phrase intermédiaire :
« Cinq jours encore jusqu’à jeudi et je serai au pied du mur. »
(Pierre Lemaître, Cadres noirs)
Dernière phrase :
« Il en cracha de dégoût et entra dans un bistro pour boire le premier café de la liberté. »
(Robert Desnos, Le Vin est tiré)


Proposition n°3 : Description


Évoquer un lieu inquiétant.

Quelques textes du 6e lundi


Baobab en "si" et "non"


Les sirops cachetés à la cire ne sont plus si nombreux. Certains soignent les cils, d’autres les nombrils. Les joueurs de tympanon peinent à trouver l’onguent qui soigne leurs doigts rassis, et sont hélas souvent condamnés au silence. Pour compenser, ils brûlent un cierge, dont la fumée monte au ciel.

Eric

À partir de 3 phrases imposées


Maitre Saval, notaire à Vernon, aimait passionnément la musique. Du matin au soir, que son cabinet soit plein ou pas, une musique étrange accompagnait sa journée. Bien sûr, le bouton de l’ampli était au minimum mais, out de même, la musique était parfaitement audible.
Ce que ses clients, en revanche ne savaient pas, c’était que cette musique ne venait pas de nulle part. En effet, Maitre Saval depuis longtemps avait voulu devenir compositeur. Malheureusement il ne put jamais acquérir la formation pour ce faire, car son père, notaire, avait prévu que son fils prendrait sa suite lorsque l’heure de la retraite aurait sonné.
Il se soumit à son père mais, dans le plus grand secret il composait une musique que son instinct et sa sensibilité lui dictaient à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ne connaissant pas la technique musicale, il composait à l’oreille sur une vieille guitare et s’enregistrait pour conserver ses créations.
Cela provoquait en lui un dilemme: vais-je continuer à exercer mon métier ennuyeux et frustrant jusqu’à la mort, ou vais-je enfin décider de faire ce qui me plait quelles qu’en puissent être les conséquences ?
Au fil des années il hésitait mais un jour, c’était un samedi, il décida que le jeudi suivant, il prendrait sa décision définitive. Cinq jours encore jusqu’à jeudi et je serai au pied du mur se dit-il.
Il continua donc à traiter ses dossiers, à recevoir ses clients venant de nombreux horizons et vit les jours passer de plus en plus vite. Le fameux jeudi arriva donc. Il reçut ses clients comme d’habitude et la journée passa.
Le soir, invité par des amis pour fêter un anniversaire, il se rendit dans le restaurant prévu et partagea avec ses amis plusieurs bouteilles de champagne. A minuit, complètement ivre, il prit brusquement conscience qu’il allait devoir prendre sa décision à présent. Procrastinateur invétéré, il dépassa l’heure fatidique, avala encore quelques verres et à une heure du matin, il se rendit compte qu’il n’avait toujours rien décidé.
Se faisant violence, il décida, sans prendre en compte l’aspect pécuniaire de sa décision, d’abandonner son métier de notaire et donc de se diriger vers le métier aléatoire et incertain de musicien amateur et incompétent.
Bien qu’il eût conscience du danger de cette décision, il refusa de remettre en cause cette décision.
Il en parla à son épouse qui lui dit alors : mais de quoi allons nous vivre avec nos rois enfants si tu abandonnes ton boulot qui nous permet, tu l’admettras, de vivre à un bon niveau. Il lui répondit : C’est MA décision.
Elle le quitta quelques jours plus tard avec armes et bagages.
Se retrouvant seul il en cracha de dégoût et entra dans un bistrot pour boire le premier café de la liberté.

Patrice

*****

La cantatrice hongroise

Maître Saval, notaire à Vernon, aimait passionnément la musique. En grand secret, il s’entraînait sur toutes sortes d’instruments, dans une cabane reculée, au fond d’un bois qui ne l’était pas moins. Sa collection comportait des instruments exotiques, parmi lesquels un violon chinois à une corde, un banjo brésilien, et un tympanon. Il s’y rendait, vêtu en chasseur pour ne pas attirer l’attention : un notaire artiste, ça ne fait pas sérieux, et il tenait à conserver sa clientèle.
Un jour, alors qu’il s’approchait de la cabane, il entendit un son à la fois métallique, gracieux et étrange : quelqu’un jouait du tympanon, et mille fois mieux que lui. Derrière la porte, à la serrure fracturée, était assise une femme qu’il reconnut aussitôt : c’était la cantatrice hongroise, vedette de l’opéra qu’il avait vu la veille.
La femme, blême et tremblante, lui raconta son histoire, dans un français incertain. Le ténor la battait et l’exploitait, avec la complicité tacite de la compagnie, si bien qu’elle s’était enfuie sur un coup de tête, sans rien emporter, pas même ses papiers. Au terme de son errance, elle était tombée sur cette baraque dédiée à la musique, et la présence du tympanon, qu’elle avait pratiquée toute sa jeunesse, lui avait donné envie d’en jouer à nouveau, pour oublier sa situation.
Le notaire la réconforta, lui donna ses provisions, et lui conseilla de rester cachée là en attendant la suite des événements : dans un coffre, elle trouverait des couvertures, des coussins, une lampe qu’il utilisait lui-même quand il dormait sur place. Rentré chez lui, il se renseigna sur la compagnie. Celle-ci était encore présente jusqu’à la fin de la semaine, ce qui laissait le temps de vérifier les dires de la chanteuse, avant de décider quoi faire. « Cinq jour encore, et je serai le pied au mur », se dit-il.
Alors qu’il retournait, vêtu en chasseur, apporter de la nourriture à la cantatrice, il entendit d’autres sons, beaucoup moins mélodieux que la veille, s’échapper de la cabane : on criait et on cognait. Il entra, le canon de son fusil pointé, et vit alors le ténor qui frappait la femme en proférant des insultes. L’homme ivre se jeta sur le notaire, qui tira. On appela le médecin pour soigner le blessé, la police, et le secret de Maître Saval fut éventé.
Il récolta en compensation une réputation d’homme courageux, et de sauveur de dame en détresse, ce qui produit toujours son effet dans les villes de province. La cantatrice reconnaissante ne demandait, semblait-il, qu’à lui transmettre son savoir en matière de tympanon, et plus si affinité ; mais sa carrière décollait, elle avait des contrats à honorer, et elle croiserait immanquablement d’autres admirateurs plus reluisants que lui. La reverrait-il un jour ? Qu’importe ! Il lui restait l’essentiel : sa passion. Il pratiquerait désormais la musique en plein jour. Et au diable l’opinion publique ! Il en cracha de dégoût, et alla dans un bistrot boire le premier verre de la liberté.

Eric


Décrire un lieu inquiétant


Cela faisait déjà longtemps que Jeannot, Jojo et Alfred, âgés de dix ans, étaient attirés par cette vieille maison abandonnée aux abords du Vieux Port. 
Plusieurs fois déjà, ensemble, ils s’étaient approchés de l’endroit, méfiants et craintifs. Les abords en étaient parsemés de petits rochers recouverts de mousse. L’eau de mer les recouvrait à moitié.
L’étrangeté du lieu était accentuée par les fenêtres de la maison dont les vitres étaient brisées. D’ailleurs, quand ils s’en approchaient, les trois garçons ramassaient des cailloux et les lançaient avec force sur les vitres restantes. Cet exercice les amusait beaucoup, car, étant tous très adroits au lancer de pierres, ils faisaient souvent mouche et se félicitaient mutuellement lorsque l’un d’entre eux atteignait sa cible. 
Quand les vitres restantes n’étaient pas touchées par les projectiles, ils entendaient de loin les bruits que faisaient leurs cailloux à l’intérieur de la maison abandonnée. Cela éveillait leur curiosité et aussi une certaine crainte, car ils n’avaient jusque-là jamais osé pénétré à l’intérieur de la bâtisse. 
Dans leur for intérieur, ils se posaient différentes questions : Qu’y-a-t-il à l’intérieur ? Quelqu’un y vit-il ? Si oui, pourquoi n’a-t-il jamais réagi ? Peut-être s’agit-il d’un individu dangereux ? Un prisonnier évadé ? Un alcoolique sans domicile complètement bourré ? Un pédophile recherché par la police ? 
Toutes ces supputations rendaient l’approche de cet endroit toujours plus bizarre, toujours plus inquiétante. Pourtant cela n’empêchait nullement les trois garnements d’y revenir régulièrement pour côtoyer le danger ou tout au moins l’inconnu. 
Un jour, Alfred imagina d’y aller tout seul et de franchir le seuil de la maison. Pourquoi il n’en parla pas à ses compères, nul ne le sait. 
Et ce jour arriva… Un matin, il alla donc vers le vieux port, se dirigea, non sans hésitation, vers la porte d’entrée, se munit d’une grosse pierre pour se protéger contre tout danger potentiel, poussa la porte en bois vermoulu et découvrit une pièce obscure envahie de plantes grimpantes, d’éclats de verre, d’objets hétéroclites comme des boites de conserve ouvertes, des chaises brisées… 
Subitement il entendit un bruit inquiétant et vit un animal qui détala entre ses pieds. Saisi d’effroi, il crut voir un chat qui se sauvait mais comprit en fait que c’était un gros rat. 
Il revint rapidement vers l’extérieur, se disant qu’il aurait sûrement d’autres surprises désagréables.
Décidément, cet endroit était vraiment inquiétant.
Il y revint avec ses potes mais ne leur avoua jamais qu’il avait déjà franchi la porte d’entrée. Ce fut son secret. 

Patrice


Atelier n°5


Proposition n°1 : Cadavres exquis


• Cadavre exquis traditionnel :
- Sujet
- Verbe transitif
- COD
- « Petit plus » : lieu, temps, adverbe…

• Sur le modèle : 
- Pourquoi… ?
- Parce que...

Proposition n°2 : Le sac 


1er texte :
Vous avez trouvé un sac (une sacoche, un attaché-case, un sac à dos…). Décrivez ce sac et son contenu.

2e texte :
Chacun prend le texte d'un autre participant. À partir de la description de ce sac, imaginer à qui il appartient.

Proposition n°3 :  À partir d’un objet





Quelques textes du 5e lundi


Cadavres exquis 


Le marinier gris
a décidé d'épouser
des vers de terre
le jour du 14 juillet, durant le bal.

Le gréviste
s'est endormi
dans l'église, juste devant l'orgue.

Le grand chambellan
fait exploser
prématurément
le petit chaperon rouge.

Pourquoi la vie est-elle longue et courte à la fois?
Parce que le prix du pétrole augmente chaque jour un peu plus.

Pourquoi ma voisine pose-t-elle nue sur son balcon?
Ben, parce que j'ai mis un pull jaune citron.

Pourquoi les éléphants sont-ils gris?
Parce que le pigeon n'est pas futé.

Pourquoi la terre est ronde?
Parce que le chameau ne voit pas plus loin que son ombre.

Pourquoi le petits pois sont verts?
Parce qu'il y a quatre saisons chaque année.

Pourquoi avez-vous mis des chaussures organes?
Parce qu'il faut laisser infuser.

Pourquoi pleure-t-elle?
Parce que les singes en hiver tirent une drôle de gueule.

Pourquoi tant de haine?
Parce qu'il y a trop de voitures sur les pistes cyclables.


Le sac 


Que fait donc cette trousse de toilette sur le banc ? Il n'y a personne alentour. Voyons voir ce qu'elle contient. 
Une brosse à cheveux sans manche. Bôôô. 
Un peigne édenté aux trois quarts. Beurk.
Deux, oui deux préservatifs dans leur étui. Durex sed lex. 
Un étui de rouge à lèvres vert. Mais il est moisi ou quoi ? 
Une petite clef attachée à un nounours mâchouillé. Dégueu. 
Une mousse à raser intacte, 
Une savonnette parfumée à ... hum, à la violette. 
Un produit à épiler. 
Une cigarette flétrie. 
Un briquet rouge minuscule. 
(Pas de raton-laveur, je note!).
Et... du moisi, franchement moisi dans le fond de la trousse. Dèg'. 
Tiens, une carte de visite aussi. 

Jacques-André

*

Bonjour. Je me permets d’afficher ce papier sur le tronc de ce vieux platane à deux mètres à peine du banc sur lequel j’ai oublié ma trousse de toilette.
Je me présente : Cunégonde, femme à barbe au chômage. Après avoir perdu mon travail, n’étant plus rentable pour mon employeur, je n’ai jamais réussi à retrouver un emploi. Sans aucune ressource, je suis devenue SDF. En changeant de banc cette nuit à la suite d’une descente de police, j’ai égaré ma trousse de toilette.
J’exerce quelquefois le métier de prostituée. Dans cette trousse il y a deux types d’objets que je souhaiterais récupérer : deux préservatifs qui sont en quelque sorte des outils de travail, et une carte de visite qui appartient à un personnage connu dont je ne voudrais pas que le nom puisse être utilisé contre lui et qui est mon principal client.
Je prie donc la personne qui a trouvé cette trousse de la reposer sur le banc cette nuit à minuit pile et d’oublier son contenu.

Je remercie cette gentille personne chaleureusement.

Cunégonde la femme à barbe (Patrice)

*****

(À partir du texte de Sylvie)

Dès la sortie de la mairie, Priscilla avait regretté d'avoir dit oui. Mourad était beau gosse, leur histoire avait débuté dans un torrent passionnel, mais s'était assagie au fil du temps; pour son anniversaire, au lieu d'un bijou elle avait reçu un jeu de petits chevaux, en bois massif, certes, mais ça paraissait bien plan-plan après seulement trois ans de relation.
Et ce mariage, qui devait relancer leur amour, l'avait définitivement éteint pour Priscilla.
Après la fête, elle était repassée à l'appartement, avait ressorti son sac de voyage marron de sous le lit, et y avait jeté pêle-mêle de quoi recommencer sa vie: vêtements, brosse à dents, bijoux, un peu d'argent... Dans sa précipitation, elle avait embarqué une cravate de son nouveau mari et une balle de tennis qui se trouvait là, ainsi que le journal télé. Et comme Mourad était du genre nerveux, elle avait aussi emporté son revolver, par précaution.
Et c'est avec ce sac marron qu'elle se présenta à l'hôtel Printemps. Du moins, c'est ce qu'elle croyait. Dans le feu de l'action et de émotions contradictoires, elle avait pris par erreur l'attaché-case de Mourad, et laissé le sac de voyage dans l'entrée de leur appartement. "Crotte de bique", dit Priscilla en constatant son erreur. "Je ferais mieux de rentrer avant qu'il s'en aperçoive. Je le quitterai un autre jour."

Vanessa
*****

(Réponse à celle qui a trouvé un sac avec turban.)

Bonjour jolie Madame. Je suis Madame Irma II, la toujours célèbre voyante. N'ayez crainte, je n'ai pas forcé votre porte. Je suis là devant vous, simplement.
Quelque chose me dit qu'une fois passé la curiosité, vous vous êtes piquée au jeu de la découverte. Je vois que ce que vous cherchiez en dernier lieu était le turban. 
Sachez que ce turban me vient de ma grand-mère née en Turkmenistan, avec sa jolie pierre polie par mon grand-père. 
Je vois que vous avez beaucoup d'imagination : suspecter une bombe dans mon sac de voyage et non un sac à dos (une voyante voyage, dois-je vous le rappeler). Ou penser à une boule de bowling. Et pourquoi pas un œuf d'autruche, tant que vous y étiez ! Un globe terrestre, voilà qui était plus flatteur, plus proche de mon outil de travail, une boule de cristal. 
Celle-ci de vient de mon arrière-arrière-grand-mère, la Grande Zelda, celle-là même qui a conseillé le tsar Nicolas Ier.
Vous restez muette mais je sais que vous brûlez de me poser des questions. Alors, soit, mais d'abord évacuez le chat de cette pièce. Ne discutez pas !

Jacques-André

*****

Avis aux habitants de l’immeuble
Cette nuit, dans l’ascenseur, j’ai trouvé un sac Hermès. Afin d’en découvrir le propriétaire, je l’ai ouvert, et quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir plusieurs sachets de poudre blanche. Ces sachets étant hermétiquement fermés, je n’ai pas eu, je l’avoue, le courage de les ouvrir, suspectant que son contenu puisse être générateur de problèmes aussi bien de la part du ou de la propriétaire que de la justice. 
Je suis très embarrassé car, s’il s’agit de produits interdits, j’ai peur que la personne qui l’a perdu, soit ne se dévoile pas, soit me fasse du mal afin que la police ne soit pas avertie. 
Je pourrais, bien sûr, remettre ce sac dans l’ascenseur, ni vu ni connu, mais j’ai peur que cela puisse pousser une personne à en goûter le contenu et se mettre en péril. 
Si je n’ai pas de réponse avant ce soir à 18 heures, je porterai ce sac au commissariat dans le plus parfait anonymat.

Patrice

À partir d'un objet


Ce bord de mer sur la côte de Nord-Bretagne est à la fois tourmenté et apaisant. Les langues de sable entre les rochers taillés par le vent contrastent entre eux. Le jaune et le granite foncé par l'écume. 
S'y promener permet la rêverie, incite à la poésie. 
Il est loisible, pour y venir, de choisir une heure matinale avec l'aurore aux doigts roses mais on peut n'être guère enclin au matin. Le crépuscule offre de belles teintes par le rougeoiement du couchant. 
Il semble pourtant que la pleine journée soit le meilleur moment lorsque le soleil frappe les rochers qui rendent leur noir de jais où – surprise!- l'on a pu surprendre, lovée dans une encoche, une statuette d'esprit amérindien. Elle est toute entière avec une tête trilobée sur une face agrémentée d'un cœur et de mains sous un triple visage et, sur l'autre côté, un batracien et un reptile. 
Il vient à l'idée qu'un marin d'un siècle passé ait pu rapporter l'objet, en faire un lieu de culte personnel en trouvant un endroit qui intègre parfaitement la statuette dans la roche. 
A y regarder de plus près, la statuette n'est pas mobile mais sculptée directement dans la roche de granite. Ce peut être un membre d'équipage dont le navire s'est échoué et qui s'est retrouvé à proximité, qui a eu l'idée de laisser trace de ses racines et croyances. Il n'aurait pas été le premier ni le dernier pour cela. Racines olmèques par exemple et croyances mêlées de christianisme et d'animisme.
Toujours est-il que cette statuette n'a jamais eu d'échos dans les gazettes locales et que nulle atteinte physique n'a jamais été portée à son encontre, que par conséquent sa présence est restée ignorée jusqu'à présent. 
Il est donc temps de laisser intact ce secret et de partir vers les dunes herbues.

Jacques-André
*****

Lorsqu’on regarde la statuette de dos, on pourrait y voir une personne manchote, donc privée de ses deux bras en train d’haranguer une foule : symbole du tribun de la plèbe. 
Quand on tourne la statuette, on se rend compte que les deux bras raccourcis sont en fait des têtes de bébés protégés par une maman : symbole de l’amour maternel protecteur avec un grand cœur en plein milieu. 
Quand on revient au dos, on perçoit un personnage gravé, sans doute masculin qui pourrait représenter un symbole de pouvoir, une sorte de roi ou même de dieu. Au milieu du corps de ce personnage on croit reconnaitre une créature peut-être animale, faisant penser à un batracien, sur le dos, les membres supérieurs et inférieurs écartés. 
La multiplicité de figures gravées sur cette petite statuette laisse ouvertes toutes sortes d’interprétations pour symboliser un peuple, une civilisation, un pays, une famille.

Patrice

Quelques textes du 5e mercredi


Cadavres exquis


Le ouistiti
réunit
la grosse pomme
avec beaucoup de joie.

Le thé à la menthe
avala
le sapin de Noël
non sans avoir longuement hésité.

La piscine municipale
actionna
la fleur au fusil
royalement.

Le président
répète sans cesse
un champignon
de manière chaloupée.

Pourquoi le bodybuilding est-il à la mode avenue Arnold Netter?
Parce qu'il n'y avait pas d'autres solution sinon c'était risqué!

Pourquoi le train siffle-t-il?
Parce que ton pessimisme est contagieux.

Pourquoi ne veux-tu pas manger tes brocolis?
Parce que l'allergie au pollen est de plus en plus répandue en ville.

Pourquoi les enfants pleurent-ils toujours dans les trains?
Parce que nous fêtons la nouvelle année.

Pourquoi le chat de Jules a-t-il mangé la souris de Marcel?
Parce qu'il y a de l'huile de palme dans le Nutella.

Pourquoi le chèvre de Monsieur Seguin avait-elle cassé la corde? 
Parce que l'amour dure trois ans.

Pourquoi l'homme ne peut-il cesser de se battre?
Parce que nous sommes samedi et c'est jour de piscine.


Le sac



Sous l’escalier du hall d’entrée de mon immeuble, quelqu’un avait déposé un sac.
Déposé, abandonné ou laissé là volontairement, en attendant de revenir le prendre. 
Cela faisait déjà un moment que personne n’y touchait car le nœud de la ficelle qui le fermait n’avait pas bougé d’un centimètre. À moins d’avoir affaire à un maniaque qui mesurait chacun de ses gestes avec un double décimètre, le nœud restait le même. 
Curieuse de nature, je décidai de regarder à l’intérieur, et là, je trouvai tous d’abord une lettre écrite dans une langue inconnue pour moi et puis un sac de billes, une couche propre pour bébé, des livres de coloriage, un petit gilet de laine, une paire de chaussons et une peluche. 
Mon imagination se mit à galoper. Aussi, je refermai ce sac. 
À qui était-il ? À qui étaient ces objets ? Pourquoi là, à la vue de tous, face aux portes d’ascenseur ? Déposés à la sauvette ou pas ?

Sylvia




Je déteste mes voisins ! Ils n’ont aucune considération pour la vieille dame que je suis. Pire encore, ils me parlent comme à une demeurée ou à un enfant, avec un langage simpliste. Si ça continue, ils vont téléphoner aux services d’aides de la mairie pour qu’on m’envoie une nourrice alors que j’ai besoin d’une aide à domicile pour m’aider à faire mes courses. 
Alors j’ai eu l’idée de leur donner une bonne leçon.
Je me suis procuré chez Emmaüs tout un tas d’objets liés à l’enfance : des billes, une peluche, des livres de coloriage que j’ai glissés dans un sac que j’ai déposé dans le hall d’entrée de l’immeuble.
Comme j’habite au rez-de-chaussée, je m’amusais à regarder par le judas de ma porte la réaction de mes voisins qui passaient devant le sac et n’osaient l’ouvrir. Il y avait ceux qui étaient intrigués et qui tournaient autour sans comprendre ce que ce sac faisait là ; ceux qui excédés avaient envie de shooter dedans ; ceux qui se sont plaints à la gardienne ; ceux qui ont appelé les encombrants ; ceux qui ont appelé la police.
C’est justement les démineurs de la police qui sont venus et ont ouvert le sac. Ils y ont découvert une petite lettre que j’avais écrite et dont ils ont dit qu’elle n’avait aucun sens, comme si son auteur avait écrit dans une langue inconnue.
Et c’est à l’écriture que je me suis faite pincer. Les enquêteurs m’ont démasquée.
Mes maudits voisins disposaient alors de la preuve que je retombais en enfance et ont alerté les services sociaux.
J’ai ainsi quitté mon appartement et je vis désormais dans un hospice de vieux où je m’ennuie. Il n’y a qu’un moment de la journée que j’aime bien, c’est l’heure du goûter où on me donne une barre de chocolat et une madeleine, comme quand j’étais une petite fille

Eric

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Lundi dernier, au petit matin avant que les éboueurs ne passent dans ma rue, en promenant mon chien, mon regard était attiré par un immense sac posé à côté d'une poubelle. Plutôt qu'un sac, il s'agissait en fait d'une housse. Instinctivement j'ouvris la fermeture éclair pour découvrir: un pistole, deux pieds de cochon sanguinolents, une liasse de billets de monopoly; une part de pizza qui était encore tiède, un parapluie cassé et une petite enveloppe fermée sur laquelle était inscrit "la curiosité est un vilain défaut". À qui pouvait bien appartenir ce trésor? Qu'est-ce que je devais en faire? Le garder pour en retrouver l'auteur ou bien le laisser aux éboueurs?

Eric

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J'ai toujours eu de mauvaises fréquentations; aussi, malgré les avertissements de ma mère (une sainte), j'ai commis mes premiers actes de délinquance à onze ans, j'ai connu les foyers à treize et la prison à dix-huit. Je n'ai jamais été un grand criminel, je n'ai tué personne, d'une manière générale je préfère l'argent et les belles choses à la violence; mais pour mener mes trafics, forcément, je dois faire équipe avec des gens qui, eux, sont de vrais durs.
C'est comme ça que je me suis retrouvé cette nuit à une table de jeu avec Tino le Gros, Fred le Bègue et Gaspard le Briscard, pour négocier ma part d'une chouette arnaque que nous organisions ensemble.
Ce n'est pas foré-cément très malin de parler argent tout en jouant au black-jack et en sifflant les verres de whisky que me servait Tino sans se départir de son expression patibulaire. Plus le temps passait, plus je m'enfonçais dans une sorte de brume.
Je n'ai pas un souvenir très clair de ce que je leur ai dit. Ai-je insulté Fred le Bègue, qui est très chatouilleux concernant toute allusion à son élocution? Ai-je tenté maladroitement de tricher aux cartes? Pire encore, ai-je révélé par inadvertance mon intention de les rouler avant la fin de notre affaire?
Quoi qu'il en soit, je me sis endormi comme une masse dans mon lit, et quelques heures plus tard je me suis réveillé en sursaut, avec un mauvais pressentiment. À la lumière de l'aube j'ai soulevé ma couette, et j'ai trouvé à côté de moi deux pieds de cochons sanguinolents. Horreur! J'ai tout de suite reconnu ce qui restait de Pitou, mon cochon nain apprivoisé. Sur la table de nuit, au lieu de mes gains au black jack il y avait une pile de billets de monopoly; et une part de pizza encore tiède indiquait que mes bourreaux s'étaient restaurés tout en accomplissant leur sale besogne.
Évidemment je ne suis pas en position d'appeler la police quand j'ai ce genre de souci. J'ai saisi une housse dans le placard, j'en ai extrait mon costume et à la place j'ai rempli la housse de tous les indices de ma mésaventure. J'en ai profité pour jeter mon vieux parapluie, ainsi que le dernier cadeau de ma femme quand elle m'a quitté: une enveloppe avec une de ses phrases à double sens dont elle avait le secret. Elle m'a toujours reproché ma jalousie.
"Et voilà, me suis-je sit en déposant la housse remplie parmi les poubelles de la rue. Je suis tout seul désormais. Je n'ai plus de femme, ni de cochon apprivoisé, ni d'associés, ni d'argent. Je repars de zéro."

Vanessa

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Dans mon métier, on a parfois des surprises. Je suis agent d'entretien au cinéma MK2 place Gambette; je passe le balais, je ramasse les boîtes de pop-corn qui traînent, rien de très folichon.
Mais ce soir, quand je suis entré dans la plus petite salle à minuit, à la fin de la dernière séance, j'ai tout de suite repéré un sac à dos par terre, un vieux sac gris tout déchiré, qui n'avait pas l'air très propre. Je me suis dit: "Zut! Une bombe", mais je n'y croyais pas trop. Après, j'ai voulu rattraper les spectateurs pour demander qui avait oublié son sac, mais tout le monde était parti. Il n'y avait plus qu'à le rapporter à l'accueil.
Mais j'étais curieux, encore plus quand j'ai vu qu'il y avait une étiquette autour d'une des bretelles, avec la photo d'un extra-terrestre et le nom "Zigpar". Bon, pas vraiment une photo, mais ça ressemblait, avec une grosse tête et un petit corps.
J'ai ouvert le sac, c'était le bazar à l'intérieur, alors je l'ai vidé et j'ai trouvé: un tee-shirt rouge, un caleçon à rayures blanches et rouges trois brosses à dents, une télécommande, une écharpe, un pillulier avec trois comprimés roses dans le casier du mercredi, un carnet avec quelques dessins au crayon, une radio, des tic-tacs éparpillés, une paire de chaussons fourrés taille 43, une médaille miraculeuse, un dictionnaire d'anglais économique en collection de poche. C'était très mystérieux.
J'ai tout remis dans le sac et je l'ai déposé à l'accueil du cinéma.

Vanessa 

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Le lendemain soir quand j'ai repris mon poste, la caissière me dit qu'une vieille dame était venue réclamer le sac. Elle le lui avait restitué car elle avait parfaitement décrit le contenu. Comme beaucoup de personnes âgées, la vieille dame était bavarde. Elle lui avait raconté que le sac appartenait en fait à son mari. Il le transportait partout avec lui. Il s'était sauvé de l'hôpital l'après-midi précédent avec son sac. Alzeimer avait encore frappé. 
Elle était contente d'avoir retrouvé le sac. Non, son mari on ne l'avait toujours pas retrouvé! La police et l'hôpital continuaient à le chercher. Le sac contenait de fragments de sa vie avant la maladie, et il agissait comme un aimant. Quand il était perdu elle ramenait le sac à la maison, et dans les heures qui suivaient son mari réapparaissait pour prendre le sac et le serrer; C'est ce qui se produisit encore ce jour-là.

Laurence